Soulagé d’avoir passé ce premier tour piégeur à souhait, le coach du MSB veut retenir de cette victoire aux forceps la capacité de ses hommes à se retrousser les manches.
Quel sentiment demeure après le succès arraché hier soir. La satisfaction de vertus combattantes pour expliquer le sursaut final ou l’inquiétude face à cette constante difficulté à tenir un match sur la durée ?
« Ni l’un, ni l’autre. Hormis au début, je trouve que nous n’avons jamais vraiment mené au score, ni même été en mesure d’asseoir notre domination. Au contraire, Le Havre nous a fait souffrir en maintenant un écart régulier compris entre cinq et dix points. Ce que je retiens, c’est notre faculté à ne pas lâcher, notre capacité à revenir, à passer devant puis à faire la différence sur la toute fin de match. Oui, vraiment, c’est une belle victoire acquise à l’extérieur. Pas question de faire la fine bouche. Je suis très content, même s’il y a des approximations et des trous qu’il nous faudra corriger pour la suite. »
Satisfait de retrouver un David Bluthenthal décisif et maître de ses nerfs dans le money time ?
« Nous avons des formes de jeu faites exclusivement pour le mettre en position. Hier, Bobby (Dixon) l’a valorisé sur deux ou trois systèmes spécifiques. David devait et doit changer, aussi, de registre. Il veut démontrer qu’il est un ailier complet mais nous, on le sait plus fort dans son rôle de scoreur. Il doit prendre ses tirs, quitte à en abuser parfois, parce que c’est son moyen d’être en rythme et de punir l’adversaire. »
La défense de zone, peu usitée depuis le début de saison, c’était la surprise du chef ?
« Depuis quelques semaines, nous ne sommes plus aussi forts et intransigeants sur notre défense en homme à homme. Pour des raisons qui tiennent peut-être au physique, nous sommes moins saignants, plus perméables dans nos duels. Tenir nos adversaires à 60 points n’est, pour l’heure, plus dans nos cordes. Partant de ce constat, nous travaillons un peu la zone à l’entraînement, même si cela ne relève pas de ma philosophie initiale. Face au STB qui nous transperçait, le choix a été d’autant plus stratégiquement payant que la zone était cohérente dans son exécution. »
Un mot sur le premier match de Bobby Dixon.
« Faute de travail commun suffisant, logiquement il n’est pas du tout intégré. Il n’empêche qu’il a eu le grand mérite de mettre Dee et David sur orbite, ce qui n’arrivait pas si souvent par le passé. On va redéfinir progressivement l’équipe autour de lui. Son rendement n’en sera que meilleur au fil du temps. »
Et maintenant, Roanne en demi-finale…
« Qui sait ? On les connaît (défaite 71-75 à Roanne, le 18 janvier en championnat), on sait quels sont leurs points forts, ce qu’ils vont nous proposer. Le remplacement de Taj Gray par Uche Nsonwu-Amadi ne changera pas énormément la donne. Si ce dernier évolue davantage dans un registre rentre-dedans, de rapport de force, les deux sont de gros attaquants qui aiment les duels. La Chorale, avec ce point de fixation, est toujours aussi dangereuse sur la périphérie. Nous sommes prévenus. »
Photo: Karen MICHLER