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Entretien avec Kaza Kajami-Keane

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Pourrais-tu te présenter ? Kaza par Kaza…

Je m’appelle Kaza (prononcer Kèzza, ndlr) Kajami-Keane. Je suis né à Ajax en Ontario, au Canada. Je suis un fils d’immigrants, ma mère étant Espagnole et mon père Jamaïquain. J’ai deux sœurs qui jouent toutes les deux au basket, toute la famille joue au basket en fait. J’adore être avec ma famille et avec mes amis. Comme joueur de basket, je suis quelqu’un qui joue de manière intense et qui aime impliquer tous ses coéquipiers. Mon but est de faire gagner l’équipe avant tout, mes stats personnelles n’ont pas vraiment d’importance pour moi, tant que mon équipe gagne.

Et tu es né le… 27 janvier. Joyeux anniversaire Kaza !!! (Interview réalisée le… 27 janvier, vous l’aurez deviné, ndlr)

(Rires) Oui, c’est vrai. Merci, merci beaucoup !

Comment trouves-tu l’équipe après ce début de saison ?

Je pense que nous avons une bonne équipe. Nous avons plein de bons éléments dans cette équipe et qui s’assemblent bien ensemble. Nous formons un groupe qui s’entend bien, et je pense que dans une saison aussi décousue à cause des circonstances actuelles c’est encore plus important que d’habitude. Il n’y a pas de problème d’ego dans notre équipe, tout le monde tire dans le même sens et travaille dur. Nous avons aussi un encadrement qui est vraiment excellent. Vincent a construit un très bon groupe et Elric le dirige extrêmement bien.

Quelqu’un m’a dit que tu parlais très bien français…

Oui, je parle français, mais je ne dirais pas que je le parle très bien. Je comprends quand on me parle en français, mais je ne suis pas très à l’aise pour parler en français… (en français) je parle avec mes coéquipiers en français, mais parfois j’ai des soucis avec certains mots que je ne connais pas pour dire ce que je veux, mon vocabulaire français est trop limité, alors je préfère répondre en anglais.

Tu es international canadien. Qu’est-ce que ça représente pour toi de jouer pour l’équipe du Canada ?

Jouer pour le Canada est pour moi le plus grand accomplissement en tant que joueur de basket. Mes deux parents ont immigré au Canada, le pays leur a donné l’opportunité de réussir. J’y suis né et ce pays m’a aussi permis de grandir et de remporter le succès. Jouer pour le Canada est donc un devoir et un plaisir pour moi, c’est l’occasion de rendre à mon pays ce qu’il a apporté à ma famille et c’est un honneur que l’on fasse appel à moi. Donc, on peut m’appeler n’importe quand pour porter le maillot de l’équipe, je répondrai toujours oui.

J’ai d’ailleurs lu que tu avais répondu à une demande pour jouer pour la première fois alors que tu étais à un mariage ?

Oui, j’étais à un mariage lorsqu’on m’a appelé pour remplacer un joueur qui ne pouvait pas venir : Thomas Scrubb qui joue à Bourg cette année, je dénonce ! (Rires) Donc j’étais à un mariage et mon téléphone sonne pour savoir si je pouvais rejoindre l’équipe le lendemain. Je n’ai pas hésité une seconde et le lendemain je prenais l’avion pour rejoindre l’équipe. Ça a été une super expérience.

Tu joues d’ailleurs bientôt à nouveau avec le Canada ?

Oui, on joue contre Cuba et les Îles Vierges des États-Unis, 4 matchs du 17 au 21 février, dans le cadre des qualifications à la coupe d’Amérique. Ça devrait être sympa, il faut que l’on termine dans les trois premiers pour se qualifier. Mais pour le moment je suis concentré sur les matchs à venir du MSB.

Tu portes le numéro 32 en club et le 10 en sélection. Ces numéros signifient quelque chose ?

Le premier numéro que j’ai porté, et mon numéro préféré, est le 10. C’est le numéro que je portais au début quand j’ai commencé à jouer au basket. Ce numéro est en référence à l’un de mes joueurs préférés : Mike Bibby. J’ai gardé ce numéro avec l’équipe nationale, mais j’ai changé en club il y a 3 ans car ma sœur a pris sa retraite sportive. Elle a porté le 32 toute sa carrière et c’est ma manière de lui rendre hommage et de faire perdurer ainsi l’histoire familiale dans le basket. Pour info, ma sœur portait le 32 en référence à Magic.

Qu’est-ce qui t’a décidé à venir jouer au MSB ?

En premier, le coaching staff. J’ai ressenti que c’était une équipe solide, sérieuse et qui savait où elle allait, ça m’a tout de suite mis à l’aise. Je me suis dit que le MSB était un endroit où je pouvais progresser et gagner des matchs dans un championnat plus relevé que ceux que j’avais déjà connus. J’aimais le discours d’Elric, et je ne suis pas déçu par sa façon de coacher, son approche du jeu et des joueurs. Ensuite, je pense que le championnat de France est un des plus forts d’Europe surtout en termes de densité : il y a beaucoup de fortes équipes ici. Enfin, on m’avait dit que la ville était sympa, pas très loin de Paris en plus si on a envie. JD Jackson, qui est assistant-coach dans l’équipe nationale du Canada, m’a dit que la ville était très agréable, l’encadrement du club excellent et que les fans étaient des vrais passionnés de basket. Tout cela formait un ensemble très séduisant et donc j’ai opté pour le MSB… et j’en suis très content ! D’ailleurs, à propos de JD, c’est vraiment spécial de voir son maillot accroché en haut de la salle, je comprends mieux la relation qu’il y a entre lui et ce club en voyant ça.

Comment décrirais-tu la manière de coacher d’Elric ?

Il veut que l’on joue en équipe. Il veut que l’on fasse vivre le ballon, qu’il circule et que l’on joue vite. C’était vraiment une clé pour moi de jouer pour un coach qui a envie de développer ce type de jeu. Je pense qu’Elric est quelqu’un qui a une compréhension élevée du jeu. Il a une énorme culture du jeu collectif, pas que du basket, et à un haut niveau. C’est quelqu’un qui développe un système de jeu très collectif et qui en même temps laisse beaucoup de liberté aux joueurs. Il y a des coachs qui sont très bons, qui développent plein de systèmes de jeu mais qui forcent les joueurs à jouer d’une certaine manière en empêchant toute initiative individuelle. Pas Elric. Je pense que sa manière de fixer un cadre tout en laissant un espace de liberté est la meilleure manière de faire, celle qui mène à tirer le maximum de ses joueurs.

Comment tu vois ton rôle dans cette équipe ?

Je suis un meneur de jeu dans le sens littéral du terme. C’est à moi d’organiser le jeu et d’impliquer tout le monde. Individuellement je suis prêt à faire ce qu’il faut pour faire gagner l’équipe. Si je dois me concentrer sur la défense d’un joueur, je le fais. Si je dois scorer, je peux le faire. Je dirais que mon premier rôle est d’être un playmaker et ensuite d’apporter ce qu’il faut pour faire gagner l’équipe et que ça peut changer à chaque match. J’ai toujours aimé les meneurs qui étaient des vrais meneurs : Mike Bibby, Jason Kidd, Steve Nash… Tony Parker aussi. Ce sont des joueurs qui dirigent leur équipe, qui contrôlent le tempo et qui font ce qu’il faut pour faire gagner leur équipe. C’est comme ça que j’ai envie de jouer.

Tu as raté plusieurs matchs en ce début de saison. Tu as trouvé le chat noir qui rodait autour de chez toi ?

(Rires) Oui, je pense que je m’en suis enfin débarrassé. C’est vrai que cela a été dur et pas que pour moi. On a eu plusieurs cas de Covid dans l’équipe et des joueurs qui se sont blessés – et on en a encore – en plus. J’espère que c’est enfin derrière nous et qu’on va maintenant pouvoir jouer au complet le reste de la saison.

Quelles sont tes ambitions pour cette saison ?

Gagner un maximum de matchs et ainsi nous qualifier pour les play-offs et pour une compétition européenne. Permettre à l’équipe de grandir en tant que groupe est aussi quelque chose de très important, surtout dans cette période compliquée où on ne sait pas combien on va jouer de matchs.

Quand tu soulignes la qualification pour une compétition européenne, c’est avec l’idée d’en jouer une avec Le Mans l’année prochaine ou c’est juste un objectif ?

C’est d’abord et avant tout un objectif que l’on s’est fixé. Ce club mérité de jouer une compétition européenne, c’est son niveau avec la qualité de son organisation et son histoire. Après, je me sens très bien ici et donc continuer l’année prochaine… pourquoi pas ? Mais pour moi c’est trop tôt pour l’envisager : d’abord on gagne des matchs, on atteint nos objectifs et ensuite on verra.

Tu es un jeune joueur. Tu te vois où dans 5 ans ?

Mon but c’est de jouer l’Euroleague. C’est vraiment mon objectif principal en tant que joueur : jouer au plus haut niveau européen. Je pense que mon style de jeu est adapté pour une équipe d’Euroleague. Au-delà de ça, je veux m’améliorer en tant qu’être humain, être quelqu’un dont mes parents puissent être fiers, pas parce que je suis un sportif de haut niveau, mais aussi, et surtout, quelqu’un de bien.

Si tu réussis, tu as un club ou un pays où tu préférerais jouer ?

Ma mère est Espagnole, de Madrid, et m’a beaucoup parlé de l’Espagne. Alors, jouer en Espagne serait génial, en plus elle pourrait ainsi venir me voir jouer là-bas. Après, jouer en Euroleague serait déjà énorme, alors ce n’est pas si important que ça. Ah ! Si… n’importe qu’elle équipe… sauf Barcelone ! Parce que ma maman ne serait pas très contente ! (Rires)

Malgré le confinement, tu as pu visiter un peu la ville ?

Oui, j’ai pu me balader un peu, même si beaucoup de choses sont fermées. Je vais faire mes courses et tout. J’aime vraiment beaucoup, en fait Le Mans me rappelle beaucoup Ajax, ce sont deux villes qui se ressemblent : à peu près la même taille, le même nombre d’habitants… J’aime bien ce type de ville, une ville assez importante mais qui est restée à taille humaine.

Comment occupes-tu tes journées pendant le confinement ?

Oh, je suis souvent chez moi sur mon ordinateur. Je regarde aussi beaucoup de basket… sans doute trop ! Sinon, on essaye de se balader dehors avec ma copine, histoire de sortir un peu, sinon on reste à la maison, tranquilles.

Ton film préféré ou un genre de film préféré ?

J’aime beaucoup les films de super-héros, les Marvel : Spider-Man, Iron Man, Thor… je crois que je les ai tous vus. Sinon on regarde des émissions télévisées.

Tu m’offres une transition parfaite pour une question rituelle : si tu pouvais avoir un superpouvoir, ce serait quoi ?

Je pense que je serais Flash, un personnage des DC Comics… ou plutôt Diablo (Nightcrawler en VO), l’un des X-Men qui est sans doute mon personnage préféré parmi les super-héros. Si je devais choisir un pouvoir, ce serait la téléportation pour aller et venir voir ma famille.

Tu as un livre préféré ?

Oh je lis beaucoup ! Mon livre préféré c’est "Le moine qui vendit sa Ferrari" ("The Monk Who Sold His Ferrari" en VO) de Robin Shilp Sharma. C’est l’histoire d’un avocat qui après avoir fait une crise cardiaque en plein tribunal se met à se poser plein de questions sur sa vie et qui finira par devenir moine au Tibet. C’est un livre vraiment très intéressant. J’aime bien les livres sur le développement personnel en général, même si celui-ci est une fiction, et aussi les biographies.

Tu as lu le livre d’Ovie Soko aussi ?

J’en ai lu une partie, mais pas en entier… je ne veux pas lui faire ce plaisir pour qu’il continue à vouloir m’en parler. En général, quand Ovie parle, je l’écoute. C’est quelqu’un de très sage et de très bon conseil.

Et tu as un plat préféré ?

Je mange beaucoup de crevettes. Mes parents ne mangent pas de viande, que du poisson et des crustacés et j’adore ça. Mon père est Jamaïcain et cuisine beaucoup de cuisine de là-bas et c’est mon type de cuisine préférée. Donc n’importe quelle recette de fruits de mer jamaïcaine.

Quelle est ta principale qualité ?

La loyauté. Je pense que tous mes amis et ma famille te diraient la même chose.

Et ton plus gros défaut ?

Je réfléchis trop. S’il y a quelque chose qui m’intéresse et que je ne comprends pas je vais le retourner dans ma tête jusqu’à en perdre le sommeil et passer tout mon temps dessus. Ça peut être difficile à supporter pour les autres.

Si tu pouvais changer quelque chose chez toi ?

Rien. Surtout pas ma taille, parce que c’est la première chose à laquelle on pense quand on est basketteur. Je trouve que ma taille est très bien parce qu’elle me permet de jouer au basket, sans être trop grand pour que ça devienne handicapant dans la vie de tous les jours.

Si tu étais un animal, ou quel est ton animal préféré ?

Un lion ou sinon, si ce n’était pas possible, un aigle.

Si tu pouvais discuter avec qui tu voulais, vivant ou mort, qui choisirais-tu ?

Bob Marley ou Barack Obama.

Une équipe de basket préférée, et tu ne peux pas dire Le Mans ?

Les Toronto Raptors évidemment ! Je regarde tous leurs matchs. Mon joueur préféré actuel de l’équipe c’est Kyle Lowry, et mon joueur préféré actuellement en NBA c’est Kyrie Irving, le meneur des Nets.

Est-ce que tu as un message pour les fans du MSB ?

Oui ! Vous nous manquez les gars ! Je sais qu’en ce moment on n’a pas la possibilité de jouer devant vous et de vous rencontrer mais j’espère que ce sera bientôt le cas. En attendant, prenez bien soin de vous et je vous dis « à bientôt ! ».

Interview réalisée par Cyril METEYER : MSB.FR

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